Portrait de Femme


En lisant les "Mémoires de la Marquise de La Tour du Pin, Journal d'une femme de cinquante ans. 1778-1815", un passage me frappe que je veux retranscrire ici.
En deux mots le contexte: Au début de ses Mémoires, la Marquise note les habitudes quotidiennes des familles de la haute artistocratie, la Noblesse de Cour, qui fréquentait Versailles, et dont elle faisait partie. elle avait treize ou quatorze ans maximum, et nous sommes alors à la veille de la Révolution.
"Il fallait être habillée et même parée à 3 heures précises pour le dîner (càd le lunch) (le petit-déjeuner est à 9 h, donc on imagine la faim de loup!). Nous montions dans le salon, où nous trouvions cinquante convives tous les jours, excepté le vendredi (le vendredi, jour maigre dans la tradition catholique, devait aussi être maigre au niveau de la compagnie? c'est étrange)
Dans ce temps-là, toute personne ayant un domestique décemment vêtu (certains domestiques n'étaient donc pas vêtus décemment?) se faisaient servir à table par lui. On ne mettait ni carafes ni verres sur la table. Mais, dans les grands dîners, on posait sur un buffet des seaux en argent contenant des bouteilles de vin d'entremets, avec une verrière d'une douzaine de verres, et ceux qui désiraient un verre de vin d'une espèce ou d'une autre l'envoyaient chercher par leur domestique. Celui-ci se tenait toujours debout derrière la chaise de son maître, une assiette garnie d'un couvert à la main, prêt à changer ceux dont on se servait.
J'avais un domestique attaché à ma personne, qui était en même temps mon coiffeur. Il portait ma livrée (càd la tenue d'uniforme-en gros), que nous étions obligés d'avoir en rouge, bien qu'elle fût gros bleu en Angleterre (la famille de la marquise est d'origine anglaise), parce que nos galons étaient absolument semblables à ceux de Bourbon. Si nos habits eussent été bleus, notre livrée aurait ressemblé à celle du roi, ce qui n'était pas permis."

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