Hirst, businessman et artiste (II)

Dans le post précédent, il me semble n'avoir pas assez fait honneur à l'artiste qui se cache derrière le businessman...Pourtant c'est évidemment cela qui fait son intérêt particulier...

Dans son interview au Figaro, Damian Hirst proclame sa Foi dans l'Art, qu'il dit aimer,
"Parce que c'est plein de surprises et cela fait briller les jours. L'ART !!! J'aime cette sorte d'émerveillement, j'ai toujours voulu faire de l'art qui ressemble à cela. Pour moi, la réaction géniale d'un visiteur dans une galerie, c'est waaouhh !!! Juste quelque chose qui vous éblouit. Faire de l'art ce n'est pas copier mal les «drippings» de Pollock. Faire de l'art, c'est affronter ceux qui doutent même que ce que vous faites est de l'art. S'imposer à un public hostile".

Les artiste qu'il aime?
"Soutine, Goya, Van Gogh, Bacon, pas vraiment Freud, un jeune Ecossais qui s'appelle John Bellamy, John Currin dans sa veine virtuose qui réinterprète les maîtres anciens. Et Warhol. J'adore Bruce Nauman, grand Américain, et Chardin pour sa perfection. Les natures mortes de Morandi. J'ai vu récemment Vermeer à Amsterdam, «La Laitière» est un tableau d'une beauté sidérante, une atmosphère si puissante s'en dégage qu'on ne peut imaginer cela en le voyant reproduit dans un livre"
Malgré son succès, il reste aussi sensible à la critique, surtout "quand un critique d'art attaque mon travail avec pertinence et qu'il a raison. Le pire est que je suis d'accord avec lui".

Une pièce étonnante de cette prochaine vente est son "Veau d'or", dans la lignée directe de son fameux requin baigné dans le formol, mais avec la touche biblique ou métaphysique qui l'avait poussé à réaliser son "in the Love for God" en 2007. On peut comprendre cette oeuvre comme un autoportrait de l'artiste...mais c'est aussi une métaphore puissante de l'importance qu'a prise l'argent au détriment du spirituel, dans le monde actuel et dans le marché de l'art qui le reflète.
C'est une parabole d'un système dont Hirst est le premier à profiter. Un autoportrait donc, et une pointe de critique paradoxale?

Commentaires

Articles les plus consultés