GRAFFITI HEROES

Pour ceux qui doutent de la force des mots, voici une petite histoire racontée par Banksy (encore lui!) qui explique aussi pourquoi il croit résolument en l'art de rue, et au rôle de résistance et d'activisme politique que les graffitis peuvent jouer.

En 1974 un certain George Davis, âgé de 33 ans, a été convaincu à tort d’avoir braqué une banque. Accusé sur la foi des déclarations de deux policiers, pourtant absents des lieux pendant le vol, il est condamné à 20 ans de prison. Mais son meilleur ami ne l'entend pas de cette oreille et organise la plus grande campagne de graffitis jamais vue en Angleterre.

Des mois durant il sillonne la ville de Londres et tague simplement "GEORGE DAVIS IS INNOCENT" sur d'innombrables murs, ponts, et tunnels. Plus fort encore, le 15 août 1995, aidé de complices, il s'introduit de nuit sur le terrain de cricket d’Headingley, la veille d’un match très attendu entre l’Angleterre et l’Australie. Les comparses creusent des trous dans le gazon, les remplissent de pétrole et peignent en énormes lettres blanches sur les murs des gradins "Désolé cela devait être fait, car Georges Davis est innocent".

Alerté, le ministère de l’intérieur ordonne alors une contre-enquête....qui prouvera effectivement que Georges Davis était innocent.

"Que Banksy raconte cette histoire d’un «héros du graffiti » sur son site officiel, en le présentant comme un « manifesto », éclaire le rôle contestataire qu’il accorde au bombage. Il y voit une manière de se faire entendre malgré tout, manifester envers et contre tous sur le dernier espace libre qu’il reste, les murs. Le graffe « GEORGES IS INNOCENT » ne prétend pas être de l’art, mais exprime la colère, l’expression directe, le refus - l’énergie première du graffiti" (Frédéric JOIGNOT)
Si le système ne vous plaît pas, exprimez-vous! Rien de tel qu'un peu de terrorisme artistique pour pimenter la rue...
Pour ma part je réfléchis à une action dirigée contre certains patrons aux parachutes un peu trop dorés...Une idée?


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