Postmodernism is dead
Tous les trois ans, la Tate Britain organise une triennale pour prendre le poul de l'art contemporain anglais. Cette année, la triennale s'intitule "Altermodern" et présente des oeuvres autour de ce concept, lancé par son curateur sexy le théoricien français Nicolas Bouriaud.
Wiz a (little horripilant) french acsent, Nicolas Bourriaud explique comment le postmodernisme est dépassé, et quel est le nouveau type de modernité que nous réserve le 21è siècle: l'altermoderne.
En un geste typiquement moderne, Bouriaud établit l'émergence de l'altermoderne par un manifeste, publié sur le site de la Tate:
"A new modernity is emerging, reconfigured to an age of globalisation – understood in its economic, political and cultural aspects: an altermodern culture
Increased communication, travel and migration are affecting the way we live
Our daily lives consist of journeys in a chaotic and teeming universe
Multiculturalism and identity is being overtaken by creolisation: Artists are now starting from a globalised state of culture
This new universalism is based on translations, subtitling and generalised dubbing
Today’s art explores the bonds that text and image, time and space, weave between themselves
Artists are responding to a new globalised perception. They traverse a cultural landscape saturated with signs and create new pathways between multiple formats of expression and communication".
L'altermoderne est un "autre" moderne, soit une synthèse de modernisme et post-colonialisme, dans lequel l'artiste devient une sorte de nomade culturel, revendiquant sa non-appartenance à une seule culture, et préférant l'hybridation découlant de la rapidité des moyens de transport, des progrès technologiques, et des nouveaux médias. Par rapport au moderne, l'altermoderne ne se limite donc pas à la culture occidentale, mais est un mouvement global et globalisant, conséquence de la mondialisation et de google earth.
Plutôt qu'une coupure radicale avec le postmoderne, l'altermoderne me semble davantage en être l'évolution à l'ère Google. Je pense que tant que le système politique de référence restera la Démocratie, le postmodernisme ne mourra pas. L'hypothèse de Bouriaud prouve seulement le besoin de trouver un paradigme philosophique qui reflète davantage notre époque et ses particularités (11septembre, crise de l'économie de croissance et du capitalisme, conflits religieux et terrorisme, radicalisation des intégrismes, évolution (exponentielle?) des technologies de l'information et de la communication...), tout en reflétant son attachement aux valeurs démocratiques, et droits de l'homme.
Une expo qui semble donc pleine de promesses...
A Lire: le compte rendu d' Adrian Searle dans le Guardian
Pour des photos de l'expo: web site du Guardian.

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