Hirst et la récession

Un artiste qui règle ses comptes à un autre artiste, ce n'est pas neuf.
Mais lui mettre un pistolet dans la main et l'imaginer se tirant une balle dans le crâne, c'est un peu grinçant comme humour.
"4 the Love of Go(l)d" figurant un Damian Hirst suicidaire, a été présenté à la Foire d'art contemporain de Madrid la semaine dernière, causant quelques remous même au sein d'un public habitué aux pires transgressions.
La scultpure est une citation de l'oeuvre de Hirst lui-même: le titre est un jeu de mots sur l'une de ses pièces les plus connues: "For the Love of God" (un crâne entièrement serti de diamants), et l'artiste est placé dans une sorte de caisse, de la même manière que ses animaux formolés.
L'auteur de cette provoc, Eugenio Merino, a déclaré: “Hirst is always trying to think of ways to make his art the most expensive […] If he killed himself, then the value of his art would increase a lot.” (source ici) Oui ou non, car Hirst vend du Hirst, et puis, s'il meurt, qui se chargera de refaire les requins qui pourissent dans leur formol? (voir l'affaire ici). Paradoxalement, la sculpture de Merino s'inscrit selon ses propres dires dans une démarche de vénération et non de moquerie: "I am a fan. I studied him at art school. I'm just adding my own little grain of sand." Difficile de distinguer, comme le dit N. Heinich, entre parodie dénonciatrice et pastiche admiratif de l'oeuvre de Hirst... (source: ici)
Enfin, d'autres y voient plutôt une figuration de la grande dépression qui affecte le marché de l'art contemporain depuis quelques mois. Une vague de suicides comme en '29?
Lire l'article du Guardian ici

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