Manifeste du post-féminisme.

  1. Nous (les femmes du 21è siècle) constatons que le militantisme féministe des années 1970 était trop manichéen et qu'il est impossible et même nuisible d'y souscrire encore aujourd'hui.
  2. Lassées de l'image gniangnian de la féminité, nous revendiquons le droit d'être aussi idiotes et bornées que les hommes, même si pas nécessairement à propos du foot, de politique ou de voitures.
  3. Protestant énergiquement contre l'existence d'un "corset invisible", nous nous insurgeons contre les influences pernicieuses de la mode et du marketing, souvent créés par des hommes, en dépit du bon sens et des formes naturelles de la femme. Par conséquent, nous déclarons le droit aux courbes et bourrelets, ainsi qu'à la non négation de notre pilosité. Nous proposons aux hommes de développer une intelligence plus subtile qui leur pemette d'apprécier la femme non pour sa beauté extérieure, mais parce qu'elle est intelligente et cultivée.
  4. Dans le même ordre d'idées, nous exigeons que cesse l'objectivation de la femme en publicité. Que soit donc rendue illégale l'utilisation du corps nu de la femme pour vendre des pots de yaourt, sans se réfugier derrière de faux débats sur la liberté d'expression et/ou censure et/ou rigorisme religieux.
  5. Nous, les femmes post-féministes refusons l'aberrante notion de "discrimination positive", mais comprenons que seule la notion de quotas pourra changer les choses.
  6. Lassées du dogme de pilule libératrice et des revendications des féministes de première génération à pouvoir disposer de leur corps comme elles l'entendaient, nous, les femmes du 21e siècle, pensons avoir compris que la pilule est un leurre, qui paradoxalement a contribué à objectiver le corps féminin, le rendant à peine plus libre et respectable qu'un gadget sexuel de l'ordre de la poupée gonflable. La femme post-féministe revendique la possibilité du choix en matière de contraception. Par conséquent nous déclarons que le problème de la contraception est à aborder à deux, homme et femme, sans que ni l'un ni l'autre ne doive spécialement faire une croix sur ses envies hormonales.
  7. Nous poursuivons évidemment le refus d'être assimilées à des appareils reproductifs, mais revendiquons la maternité comme faisant partie de la condition de femme, et affirmons avec fierté que la possession d'un uterus n'est pas forcément incompatible avec celle d'un cerveau.
  8. Enfin, nous les post-féministes, mettons un point d'honneur à ne pas ressembler à la première génération de féministes sinistres et sclérosées, et n'hésitons pas à nous moquer de notre propre manifeste, car l'autodérision est un signe de maturité, prouvant bien qu'en ces temps de l'avènement du post féminisme, le rire n'est plus uniquement "le propre de l'homme".
  9. Nous concluons donc que les éléments essentiels du post-féminisme seront le courage, l'audace, la révolte, l'intelligence, la sensualité et l'humour.

Commentaires

Unknown a dit…
très vrai, surtout le point n°6. La pilule nous a fait gagner le droit de nous taire à propos des spermicides. Pourquoi un homme peut-il exiger de sa femme qu'elle prenne la pilule, alors que lui n'envisage pas une seconde d'utiliser un spermicide ? Où est la liberté dans tout ça ?
Anonyme a dit…
Effectivement, le rire est aussi le propre du singe. Dans les sociétés (matriarcales) des bonobo, les mères sont les instigatrices du jeu et de l'amour, sans lesquels baby bonobo ne survit pas. Si on les écoute de plus près, on peut entendre le rire des bonobos...

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