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Nous (les femmes du 21è siècle) constatons que le militantisme féministe
des années 1970 était trop manichéen et qu'il est impossible et même
nuisible d'y souscrire encore aujourd'hui.
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Lassées de l'image gniangnian de la féminité, nous revendiquons
le droit d'être aussi idiotes et bornées que les hommes, même si pas
nécessairement à propos du foot, de politique ou de voitures.
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Protestant énergiquement contre l'existence d'un "corset invisible", nous
nous insurgeons contre les influences pernicieuses de la mode et du
marketing, souvent créés par des hommes, en dépit du bon sens et des
formes naturelles de la femme. Par conséquent, nous déclarons le droit aux
courbes et bourrelets, ainsi qu'à la non négation de notre pilosité. Nous
proposons aux hommes de développer une intelligence plus subtile qui leur
pemette d'apprécier la femme non pour sa beauté extérieure, mais parce
qu'elle est intelligente et cultivée.
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Dans le même ordre d'idées, nous exigeons que cesse l'objectivation de la
femme en publicité. Que soit donc rendue illégale l'utilisation du corps
nu de la femme pour vendre des pots de yaourt, sans se réfugier derrière
de faux débats sur la liberté d'expression et/ou censure et/ou rigorisme
religieux.
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Nous, les femmes post-féministes refusons l'aberrante notion de
"discrimination positive", mais comprenons que seule la notion de quotas pourra changer les choses.
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Lassées du dogme de pilule libératrice et des revendications des
féministes de première génération à pouvoir disposer de leur corps comme
elles l'entendaient, nous, les femmes du 21e siècle, pensons avoir compris
que la pilule est un leurre, qui paradoxalement a contribué à objectiver
le corps féminin, le rendant à peine plus libre et respectable qu'un
gadget sexuel de l'ordre de la poupée gonflable. La femme post-féministe
revendique la possibilité du choix en matière de contraception. Par
conséquent nous déclarons que le problème de la contraception est à
aborder à deux, homme et femme, sans que ni l'un ni l'autre ne doive
spécialement faire une croix sur ses envies hormonales.
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Nous poursuivons évidemment le refus d'être assimilées à des appareils
reproductifs, mais revendiquons la maternité comme faisant partie de la
condition de femme, et affirmons avec fierté que la possession d'un uterus
n'est pas forcément incompatible avec celle d'un cerveau.
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Enfin, nous les post-féministes, mettons un point d'honneur à ne pas
ressembler à la première génération de féministes sinistres et sclérosées,
et n'hésitons pas à nous moquer de notre propre manifeste, car
l'autodérision est un signe de maturité, prouvant bien qu'en ces temps de
l'avènement du post féminisme, le rire n'est plus uniquement "le propre de
l'homme".
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Nous concluons donc que les éléments essentiels du post-féminisme seront
le courage, l'audace, la révolte, l'intelligence, la sensualité et
l'humour.
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