Nebamon au British Museum
Nouvelle galerie égyptienne au British Museum (article du Telegraph):
Certains parleront de 'Disneylandisation' des musées, n'empêche, la nouvelle galerie du British Museum consacrée à cette vieille tombe égyptienne est un hommage justifié à sa beauté séculaire. Ainsi exposés, les fragments de cette chapelle funéraire de Nebamon, mort environ en 1350 avant JC (AVANT JC, je ne sais pas si vous vous rendez compte) apparaissent plus que jamais dans toute leur splendeur...
Certains parleront de 'Disneylandisation' des musées, n'empêche, la nouvelle galerie du British Museum consacrée à cette vieille tombe égyptienne est un hommage justifié à sa beauté séculaire. Ainsi exposés, les fragments de cette chapelle funéraire de Nebamon, mort environ en 1350 avant JC (AVANT JC, je ne sais pas si vous vous rendez compte) apparaissent plus que jamais dans toute leur splendeur...
Admirez le fragment ci-dessous: il montre le défunt accompagné de son épouse et de sa fille, à la chasse aux oiseaux. Les couleurs inouïes, les dégradés subtils, les plumes et pelages chatoyants, et l'originalité de certaines poses (surtout le chat qui attrape trois oiseaux à la fois): tout démontre le génie du peintre de l'époque, resté cependant anonyme. La présence d'un résidu d'or dans l'oeil du chat laisse supposer (dixerunt les spécialistes) qu'il s'agit en réalité d'une scène à caractère magique (source ici).
...Et je repense à l'essai de Susan Sontag sur l'interprétation des oeuvres d'art (oui je sais, j'ai une marotte à son égard, c'est inquiétant), où elle tente une définition de l'art (ceci pour Jean et Fr.):
"The earliest experience of art must have been that it was incantatory, magical: art was an instrument of ritual. [Art=magie]
The earliest theory of art, that of the Greek Philosophers, proposed that art was mimesis, imitation of reality". [Art=imitation (mimesis)]
Lire la suite ici.

Commentaires
Pour l'origine magique de l'art, il est certain que l'hypothèse n'est pas nouvelle.
J'ai lu quelque part, mais je ne sais plus où, qu'il restait quelque chose de la dimension magique des portraits, si l'on considère le geste naturel chez certains enfants de gribouiller les yeux et/ou la bouche du portrait de leur maîtresse : on ne peut pas le faire physiquement, alors on se reporte sur l'image, avec l'envie que cela soit reporté sur la personne représentée.
Le portrait de Dorian Gray me semble très représentatif de cette théorie.
vais essayer de retrouver cela...
"L'origine de l'art ne ressortit pas, comme on le croit commnément, à un besoin esthétique, mais bien à une nécessité de domination magique. En effet, les plus anciens spécimens de dessins et de peintures rupestres portent tous des signes étranges difficilement interprétables quand on ne connaît pas les anciens rituels d'envoûtement. On voit sur ces peintures, qui représentent généralement des animaux, des points et des traits assemblés vers le garrot des bêtes ou autres points vulnérables. Il s'agit de sagaies et de flèches figurées, perçant magiquement l'effigie sensibilisée de l'animal visé par le rite d'envoûtement.
Les primitifs connaissaient fort bien l'action puissante exercée sur l'âme collective de certaines espèces, par l'emprise magique de l'envoûtement de chasse. Ils se mettaient en rapport avec l'égrégore du troupeau, au moyen d'un rite de sensibilisation de l'image peinte, et obtenaient son accord en assurant la pérennité de l'espèce, sa perpétuation par la sauvegarde des mères et des jeunes....
...La musique elle-même, le chant et la danse ne furent à l'origine que le support de la pensée magique se conciliant le monde hostile ou lui commandant.
Ainsi tous les arts prennent leur origine de l'obligation première, pour l'homme incarné, de se défendre sur les trois plans du monde créé. Ce n'est qu'après le rite terminé qu'il a pu prendre conscience de la gratuité de l'art par le jeu des formes, des sons, des couleurs, des mouvements, et élever sa magie jusqu'à essayer par son intermédiaire de communier avec la grande âme du monde que les hommes appellent Dieu."
etc etc, à méditer me semble-t-il..
kiss
Si je trouve l'hypothèse des enfants qui gribouillent le visage de leur maîtresse (d'école, j'imagine) un peu farfelue, je t'avoue, le reste est intéressant et va dans le sens de Sontag également (avec des envolées plus mystico-lyriques, auxquelles je suis moins sensible que toi:)
Sinon,je ne connais pas de site où les détails sont "zoomables" (malheureusement le British Museum n'a pas encore été investi par Google Earth!), mais sur le lien que je donne ci-dessus on peut voir l'oeuvre dans son ensemble et ses parties.
enfin, il faudrait essayer pour s'en convaincre : pas de meilleure preuve que l'expérience !