Prix du livre européen


Puisque je parlais déjà litérature dans mon post précédent, pourquoi ne pas remettre le couvert une nouvelle fois aujourd'hui, en signalant à l'aimable lectorat la remise du Prix du Livre Européen, à Bruxelles le 10 décembre prochain.

D'une valeur de 20.000 euros, ce prix récompensera le livre (roman ou essai) qui donne le plus "envie d'Europe" dixit Jacques Delors, parrain de cette action.

Un Jacques Delors qui ne manque d'ailleurs pas de s'auto-citer lorsqu'il est interrogé au sujet des motifs de son parrainage:

"La dimension culturelle est omniprésente dans l'histoire de la construction européenne. (Ah bon?) J'avais moi-même proposé de donner une âme à l'Europe, parce que l'Homme ne vit pas seulement de l'économie, d'un grand marché et d'une monnaie commune ("...mais aussi de la parole de Dieu", aurait ajouté l'autre). Le livre est un vecteur essentiel de la culture, de la mémoire et de l'échange sur les valeurs qui nous font vivre".

Mais en fait pourquoi je vous parlais de ça...C'est d'un ennui mortel, non?

Ah oui, je m'en souviens! En réalité, je vous avoue: l'unique raison de ce post, la seule et stupide cause pour laquelle je me donne tant de mal réside dans le titre de l'essai d'Habermas (nominé), c'est-à-dire, rrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrroulement de tambours:

Ach, Europa

Et oui: Ach Europa, voilà le titre que soupire le philosophe allemand.
Pas très encourageant tout ça!
Ach Europa... moi ça me donne envie d'Europe, accompagnée d'une bonne rasade de whisky, tiens mets-en moi une double d'ailleurs.

Ceci dit, au vu du reste de la liste de lecture, je n'aimerais pas faire partie du comité de sélection:

Un essai sur l'euro en allemand, un recueil de poésies grecques Aubes et âmes pour l'Europe (waw), un essai hongrois intitulé pompeusement Dosztojevszkij Szibériában Hegelt Olvassa, és sírva fakad, ce qui veut tout aussi pompeusement dire Dostoïevski lit Hegel en Sibérie et éclate en sanglots, un autre livre sur l'identité de l'Europe (pas très original comme sujet mais bon), un essai sur la Luxemburgische avant-garde (quel surprenant oxymoron), puis, l'Europe de A à Z (pas mal pour se préparer aux concours EPSO peut-être), l'Europe en profondeur... etceteri etcetera.... mais le pompon est re- rrrrrrrrrrrrrrrrroulement de tambours: l'Europe racontée en famille, des auteurs bien muche-muches Muriel and Yann de l’Ecotais. Pff, pourquoi pas l'Europe de la Mère l'Oye tant qu'on y est.


Bon cette critique ne se base que sur les titres, donc surtout ne pensez pas que je sois en train de juger le contenu de ces ouvrages doctes.


Enfin, espérons que les braves citoyens de l'Union pour lesquels (en fin de compte) cette initiative culturelle a été mise sur pied ne soupirent pas d'ennui "ach Europa..."


Non, moi pour une somme pareille, l'année prochaine je tente le coup, il y a en tout cas plus de probabilités de gagner qu'au loto. J'hésite encore pour le titre, mais je pensais: "Delors, mon héros".


C'est pas très subtil, mais peut-être que j'ai une chance?

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