Ad is everywhere-même à Venise
Si l'art est partout comme j'ai la naïveté de le prétendre, et bien...la pub l'est encore plus. La pub s'affiche sur nos façades, s'impose dans nos rues, s'infiltre dans nos salons, prolifère à la télé, s'époumone à la radio, se spamme dans nos mails box, "pop-up" sur nos écrans, et je ne parle même pas de la catégorie subliminale avec laquelle on effraie le bon public des cinémas depuis des années.
C'est clair, la pub est la pire mauvaise herbe de nos paysages urbains.
Mais ce n'était pas encore le cas à Venise.
Venise avec ses palais, ses ponts, ses canaux et ses touristes semblait insensible aux sirènes des annonceurs, jusqu'à ce qu'elle se rende compte de ses possibilités de placardage inouïes, et du marché juteux que celles-ci offraient à qui savait les exploiter.
C'est ainsi que depuis peu, le méchant du dernier James Bond s'affiche en méga-giga sur la place St Marc pour y vanter les mérites de la dernière montre Swatch...
Une horreur.
Et on peut râler, parce que c'est vrai, c'est moche la pub géante. Déjà que Venise s'est transformée à Disneyland pour amoureux avec ses airs de romance de pacotille, maintenant ceux-ci seront poursuivis jusque dans leur gondole par ces matraquages de cervelle. Bye bye l'amour, l'eau fraîche et le goût de l'authentique.
Mais...
En réalité, la pub pourrait bien être un agent du sauvetage de la ville sur l'eau. En effet, l'affichage est autorisé par la loi italienne depuis peu, mais uniquement sur les échafaudages masquant les façades des bâtiments en restauration, et seulement si les autorités de la ville jugent que cela ne détourne pas l'attention de l'apparence du bâtiment, de son décor ainsi que du plaisir de le voir.
Et les gains sont énormes.
Pour exemple: Plakativ Media, une des sociétés les plus importantes dans ce marché à Venise subventionne la restauration du musée Correr (côté place) à raison de 3.5 millions d'euros, en échange de quoi elle a le droit d'exploiter l'espace d'affichage des échafaudages, soit environs 240 mètres carrés. Plakativ Media loue cet espace (en autres) aux sociétés souhaitant y afficher leur marques. Les prix varient en fonction de l'endroit d'affichage et de la saison (celle du carnaval coûte plus cher que celle des aqua alta), mais aussi du type d'affichage choisi. Le top du top étant le digital (et ça c'est vraiment moche). Enfin, on n'est pas encore sûr pour le digital, comme le précise the Art Newspaper.
Harvey Glenn, directeur de la branche anglaise de Plakativ explique:
“We started this project almost two years ago with the restoration of the middle section of the Marciana Library façade on the Piazzetta of San Marco. We had a scaffold banner in situ until August this year advertising Rolex. We are now on phase two of the Marciana restoration and this is also being funded via advertising income...”
La publicité dans la ville des soupirs n'a pas bonne presse en Italie et à l'étranger, mais force est de reconnaître qu'il se pourrait bien qu'elle ne soit qu'un mal nécessaire à la survie des bâtiments. En moins alambiqué on pourrait dire que la pub c'est vachement laid, mais drôlement utile pour financer la restauration des nombreux édifices historiques de la ville.
Ainsi se justifie dans le journal britannique la Dotoressa Renata Codello, superintendante vénitienne pour l’architecture et le patrimoine culturel:
Ainsi se justifie dans le journal britannique la Dotoressa Renata Codello, superintendante vénitienne pour l’architecture et le patrimoine culturel:
“I have no choice: last year some of the marble facing of the Doge’s Palace fell down; this year it was a bit of the cornice of the Correr Museum. Under law I am personally responsible if a tourist is hurt. With the cuts to the funding of our ministry [25.8% in 2009], I can expect no help from government.”
Ill: La ville des doges inspire les marques: ici campagne de publicité Diesel: "global warming ready"

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