Bizarre, bizarre
On a tous nos bizarreries - l'une s'arrache les cheveux, l'autre les plantes des pieds, la troisième divorce et au lieu de prendre un amant, s'achète un cochon. Mais au moins le cochon est d'emblée identifiable comme tel - et il se contente de remuer la queue avec enthousiasme, surtout à l'heure des repas.
Aujourd'hui je découvre que Truman Capote était complètement bourré de bizarreries (dans un livre formidable à lire pendant cet été qui pleut comme un automne: Paris Review, les entretiens), et je me rassure: il y a toujours plus fou que soi.
Interviewer:
Quelles sont vos petites bizarreries personnelles?
Truman Capote:
Je suppose que mon caractère superstitieux pourrait être qualifié de bizarrerie. Je dois additionner tous les chiffres: il y a des gens auxquels je ne téléphone jamais parce que les chiffres de leur numéro forment un nombre maléfique une fois additionnés. Je n'acepterais pas une chambre d'hôtel pour la même raison. Je ne tolère pas la présence des roses jaunes - ce qui est triste parce que ce sont mes fleurs favorites. Je ne supporte pas de voir trois mégots de cigarettes dans le même cendrier. Je refuse de voyager dans un avion dans lequel il y a deux bonnes soeurs. Je ne commence et ne termine rien un vendredi. C'est sans fin toutes les choses que je ne peux et ne veux pas faire. mais je tire un étrange réconfort à suivre ces prescriptions primitives.
...
Truman Capote aimait parler; il était doté d'un humour féroce, même envers les gens qu'il aimait. Par exemple, il a dit "Marilyn Monroe avait quelque chose d'exceptionnel. Quelquefois elle était sublime et, quelquefois elle faisait penser à une serveuse de café." Ce n'est pas très sympa, mais ceci dit, Picasso lui pensait qu'il n'y avait que deux sortes de femmes: les déesses et les paillassons.
J'en conclus que la femme est une corde tendue entre la serveuse de café et la Muse divine.
Aujourd'hui je découvre que Truman Capote était complètement bourré de bizarreries (dans un livre formidable à lire pendant cet été qui pleut comme un automne: Paris Review, les entretiens), et je me rassure: il y a toujours plus fou que soi.
Interviewer:
Quelles sont vos petites bizarreries personnelles?
Truman Capote:
Je suppose que mon caractère superstitieux pourrait être qualifié de bizarrerie. Je dois additionner tous les chiffres: il y a des gens auxquels je ne téléphone jamais parce que les chiffres de leur numéro forment un nombre maléfique une fois additionnés. Je n'acepterais pas une chambre d'hôtel pour la même raison. Je ne tolère pas la présence des roses jaunes - ce qui est triste parce que ce sont mes fleurs favorites. Je ne supporte pas de voir trois mégots de cigarettes dans le même cendrier. Je refuse de voyager dans un avion dans lequel il y a deux bonnes soeurs. Je ne commence et ne termine rien un vendredi. C'est sans fin toutes les choses que je ne peux et ne veux pas faire. mais je tire un étrange réconfort à suivre ces prescriptions primitives.
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Truman Capote aimait parler; il était doté d'un humour féroce, même envers les gens qu'il aimait. Par exemple, il a dit "Marilyn Monroe avait quelque chose d'exceptionnel. Quelquefois elle était sublime et, quelquefois elle faisait penser à une serveuse de café." Ce n'est pas très sympa, mais ceci dit, Picasso lui pensait qu'il n'y avait que deux sortes de femmes: les déesses et les paillassons.
J'en conclus que la femme est une corde tendue entre la serveuse de café et la Muse divine.
Frottez vos pieds en entrant Messieurs, s'il-vous-plaît.
Ill:
George Barbier: Sheherazade (Pochoir), 1914: choisie pour cette légende inouïe: "Maintenant ô Sheherazade, que, pour la mille-et-unième fois, vous avez charmé, la nuit du Sultan attentif et fantasque". Un peu fantasque en effet, il avait pris l'habitude d'épouser chaque jour une vierge et de la faire tuer au matin de la nuit de noces. A chacun ses bizarreries...

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