A la française
En honneur aux élections présidentielles qui nous saoulent tous - et parce qu'entre ces deux bouffons votre coeur balance, avouez-le - je pense qu'il est utile de se rappeler que la culture française a produit ceci:
Un concerto qui fait pleurer:
Des bulles qui pétillent dans le nez et requinquent le moral, et avec lesquelles, bon an mal an, on célébrera les résultats du 6 mai:
et Des Illuminations
Ô mon Bien ! Ô mon Beau ! Fanfare atroce où je ne trébuche point ! chevalet féerique ! Hourra pour l'œuvre inouïe et pour le corps merveilleux, pour la première fois ! Cela commença sous les rires des enfants, cela finira par eux. Ce poison va rester dans toutes nos veines même quand, la fanfare tournant, nous serons rendu à l'ancienne inharmonie. Ô maintenant, nous si digne1 de ces tortures ! rassemblons fervemment cette promesse surhumaine faite à notre corps et à notre âme créés : cette promesse, cette démence ! L'élégance, la science, la violence ! On nous a promis d'enterrer dans l'ombre l'arbre du bien et du mal, de déporter les honnêtetés tyranniques, afin que nous amenions notre très pur amour. Cela commença par quelques dégoûts et cela finit, —ne pouvant nous saisir sur-le-champ de cette éternité, — cela finit par une débandade de parfums.
Rires des enfants, discrétion des esclaves, austérité des vierges, horreur des figures et des objets d'ici, sacrés soyez-vous par le souvenir de cette veille. Cela commençait par toute la rustrerie, voici que cela finit par des anges de flamme et de glace.
Petite veille d'ivresse, sainte ! quand ce ne serait que pour le masque dont tu nous as gratifié. Nous t'affirmons, méthode ! Nous n'oublions pas que tu as glorifié hier chacun de nos âges. Nous avons foi au poison. Nous savons donner notre vie tout entière tous les jours.
Voici le temps des Assassins.
Il y a tant de choses encore - mais comme prophétisait le poète ivre de bulles:
voici le temps des Assassins!
Un concerto qui fait pleurer:
Des bulles qui pétillent dans le nez et requinquent le moral, et avec lesquelles, bon an mal an, on célébrera les résultats du 6 mai:
Une soupe royale qui fait aussi pleurer quand on la prépare (la soupe à l'oignon inventée par Louis 15)
Une orthographe impossible, qu'ils essaient de simplifier
(et le pauvre Grevisse se retourne dans sa tombe):
Dans les noms composés (avec trait d’union) du type pèse-lettre
(verbe + nom) ou sans-abri (préposition + nom), le second
élément prend la marque du pluriel seulement et toujours lorsque
le mot est au pluriel.
ancienne orthographe nouvelle orthographe
un compte-gouttes,
des compte-gouttes
un compte-goutte,
des compte-gouttes
un après-midi,
des après-midi
un après-midi,
des après-midis
Observations Restent invariables les mots comme prie-Dieu (à cause
de la majuscule) ou trompe-la-mort (à cause de l’article). On écrit des
garde-pêches qu’il s’agisse d’hommes ou de choses.
Cette régularisation du pluriel aboutit à une règle simple et unique et
supprime des incohérences (pourquoi, en ancienne orthographe, un curedent mais un cure-ongles ?).
et Des Illuminations
Matinée d'ivresse
Ô mon Bien ! Ô mon Beau ! Fanfare atroce où je ne trébuche point ! chevalet féerique ! Hourra pour l'œuvre inouïe et pour le corps merveilleux, pour la première fois ! Cela commença sous les rires des enfants, cela finira par eux. Ce poison va rester dans toutes nos veines même quand, la fanfare tournant, nous serons rendu à l'ancienne inharmonie. Ô maintenant, nous si digne1 de ces tortures ! rassemblons fervemment cette promesse surhumaine faite à notre corps et à notre âme créés : cette promesse, cette démence ! L'élégance, la science, la violence ! On nous a promis d'enterrer dans l'ombre l'arbre du bien et du mal, de déporter les honnêtetés tyranniques, afin que nous amenions notre très pur amour. Cela commença par quelques dégoûts et cela finit, —ne pouvant nous saisir sur-le-champ de cette éternité, — cela finit par une débandade de parfums.
Rires des enfants, discrétion des esclaves, austérité des vierges, horreur des figures et des objets d'ici, sacrés soyez-vous par le souvenir de cette veille. Cela commençait par toute la rustrerie, voici que cela finit par des anges de flamme et de glace.
Petite veille d'ivresse, sainte ! quand ce ne serait que pour le masque dont tu nous as gratifié. Nous t'affirmons, méthode ! Nous n'oublions pas que tu as glorifié hier chacun de nos âges. Nous avons foi au poison. Nous savons donner notre vie tout entière tous les jours.
Voici le temps des Assassins.
Il y a tant de choses encore - mais comme prophétisait le poète ivre de bulles:
voici le temps des Assassins!




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