Tchaikovsky - Chostakovitch: une soirée russe
Ivo Pogorelich jouait hier soir, au Southbank Centre, le 1er concerto pour piano de Tchaikovsky (celui qui fait pampampam PAm PAm PAM pamPAAAAAM pampaaaam). Ivo Pogorelich c'est un vieux de la vieille, il a des énormes paluches et quand il joue il fait trembler les murs, tellement le son qu'il produit est huge (comme on dit ici). Parfait donc pour un concerto aussi tarte à la crème que celui-ci, même si on peut regretter parfois un manque de poésie. On dit que Tchaikovsky aurait eu l'idée de la mélodie du thème initial (celui qui fait pampampam PAm PAm PAM pamPAAAAAM pampaaaam justement), en entendant des mendiants chanter sur un marché à Kiev. Ce thème ne revient en fait que deux fois dans le premier mouvement, mais marque les esprits (devient un ohrwurm épouvantable) et sert de motif de lien pour le reste du concerto.
Ensuite, l'orchestre a interprété la symphonie nr. 5 de Chostakovitch sous la direction de Tugan Sokhiev, et c'était hyper beau.
Oui c'est tout.
J'adore cette symphonie, car non seulement elle est belle, mais en plus l'histoire qui l'entoure est vraiment romanesque. Composée par Chostakovitch pour rentrer dans les bonnes grâces du régime en pleine année de terreur (1937), elle révèle, tout en essayant de les dissimuler sous des allures héroïques, les vrais sentiments de son auteur qui a dit un jour:
« La plupart de mes symphonies sont des monuments funéraires. Trop de gens, chez nous, ont péri on ne sait où. Et nul ne sait où ils sont enterrés. Même leurs proches ne le savent pas. Où peut-on leur ériger un monument ? Seule la musique peut le faire. Je leur dédie donc toute ma musique ».
On imagine aisément l'effet qu'a dû produire cette musique tourmentée sur son premier public, alors que la période des purges staliniennes et l'angoisse collective étaient à leur comble. Le largo, spécialement déchirant, aurait semble-t-il provoqué de sanglots dans la salle.
Ensuite, l'orchestre a interprété la symphonie nr. 5 de Chostakovitch sous la direction de Tugan Sokhiev, et c'était hyper beau.
Oui c'est tout.
J'adore cette symphonie, car non seulement elle est belle, mais en plus l'histoire qui l'entoure est vraiment romanesque. Composée par Chostakovitch pour rentrer dans les bonnes grâces du régime en pleine année de terreur (1937), elle révèle, tout en essayant de les dissimuler sous des allures héroïques, les vrais sentiments de son auteur qui a dit un jour:
« La plupart de mes symphonies sont des monuments funéraires. Trop de gens, chez nous, ont péri on ne sait où. Et nul ne sait où ils sont enterrés. Même leurs proches ne le savent pas. Où peut-on leur ériger un monument ? Seule la musique peut le faire. Je leur dédie donc toute ma musique ».
On imagine aisément l'effet qu'a dû produire cette musique tourmentée sur son premier public, alors que la période des purges staliniennes et l'angoisse collective étaient à leur comble. Le largo, spécialement déchirant, aurait semble-t-il provoqué de sanglots dans la salle.
Le voici:

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