Arvo Pärt, Brahms, Gus Van Sant
"Je pourrais comparer ma musique à une lumière blanche dans laquelle sont contenues toutes les lumières. Seul un prisme peut dissocier ces couleurs et les rendre visibles : ce prisme pourrait être l'esprit de l'auditeur" Arvo Pärt
J'adore ce reportage, on croirait un film Dogma (c'est dû à la langue sûrement), et malgré la tête pas possible des étudiants extatiques autour de leur gourou, elle a un côté très vrai et très émouvant. Arvo Pärt avec sa barbe à la Tolstoï explique la substance de son approche de la composition, en s'appuyant sur son très court Für Alina pour piano.
Ecrit en 1976, ce morceau marque une rupture dans l'évolution du compositeur, et pose les jalons de son nouveau style, qualifié par lui-même de style tintinnabulum. Il l'explique ainsi : "Je travaille avec très peu d'éléments - une ou deux voix seulement. Je construis à partir d'un matériau primitif - avec l'accord parfait, avec une tonalité spécifique. Les trois notes d'un accord parfait sont comme des cloches. C'est la raison pour laquelle je l'ai appelé tintinnabulation".
C'est dans ce nouvelle approche stylistique que Pärt a écrit les trois de ses pièces les plus célèbres: Fratres, Cantus in Memoriam Benjamin Britten et Tabula rasa.
Le Cantus in Memoriam Benjamin Britten n'est pas très joyeux, c'est le moins qu'on puisse dire. Il a même été classé dans le top5 des morceaux les plus tristes jamais écrits (lire le blog NPR)
Cette histoire me fait penser à Brahms et Schumann: Brahms aurait composé son fameux Deutsches Requiem en mémoire de son aîné et ami Robert Schumann, mort en 1856. Enfin, soyons honnête, c'est peut-être un peu plus complexe que ça, vu que Brahms était quand même l'amant de la femme de Schumann... Mais bon, c'était juste pour faire la transition vers cet extrait du Deutsches Requiem que j'adore (et oui cela s'appelle l'approche structuraliste):
Je remarque tout à coup avec surprise que, comme dans la théorie du tintinnabulum, les paroles de cet extrait du requiem résonnent avec ce que Pärt dit dans la vidéo tout en haut de cet article, quand il déclare que "a blade of Grass has the status of a flower":
Quelle merveilleuse coïncidence, cela donne envie de conclure un article, comme ça, sur une belle boucle! Et bien non, j'ai quand même envie d'ajouter une Coda:
La musique d'Arvo Pärt a souvent été utilisée au cinéma, et perso j'adore cette scène de Gerry, un film de Gus Van Sant, où la musique de Pärt annonce de façon très juste la perte de repères et la noyade des deux protagonistes dans l'infini du désert américain.
J'adore ce reportage, on croirait un film Dogma (c'est dû à la langue sûrement), et malgré la tête pas possible des étudiants extatiques autour de leur gourou, elle a un côté très vrai et très émouvant. Arvo Pärt avec sa barbe à la Tolstoï explique la substance de son approche de la composition, en s'appuyant sur son très court Für Alina pour piano.
Ecrit en 1976, ce morceau marque une rupture dans l'évolution du compositeur, et pose les jalons de son nouveau style, qualifié par lui-même de style tintinnabulum. Il l'explique ainsi : "Je travaille avec très peu d'éléments - une ou deux voix seulement. Je construis à partir d'un matériau primitif - avec l'accord parfait, avec une tonalité spécifique. Les trois notes d'un accord parfait sont comme des cloches. C'est la raison pour laquelle je l'ai appelé tintinnabulation".
C'est dans ce nouvelle approche stylistique que Pärt a écrit les trois de ses pièces les plus célèbres: Fratres, Cantus in Memoriam Benjamin Britten et Tabula rasa.
Le Cantus in Memoriam Benjamin Britten n'est pas très joyeux, c'est le moins qu'on puisse dire. Il a même été classé dans le top5 des morceaux les plus tristes jamais écrits (lire le blog NPR)
"A single tolling bell begins this aching lament. Strings gradually emerge, as if from a mist, and begin to roll in slow-moving waves of grief. This very simple music packs a powerful wallop of sorrow. At only seven minutes in length, it seems to stretch on forever".Evidemment, il peut difficilement être plus entraînant, puisque c'est un morceau qui a été composé à l'occasion de la mort de Benjamin Britten, un autre compositeur. Pärt explique l'origine de cette pièce: « Des sentiments inexplicables de culpabilité et de remords montèrent en moi. Je venais seulement de découvrir Britten pour moi-même. Juste avant sa mort, je commençais à apprécier la pureté inhabituelle de sa musique — j’avais l’impression d’un type de pureté comparable à celle des ballades de Guillaume de Machaut. Et, ajouté à cela, depuis longtemps j’avais voulu rencontrer Britten en personne — et maintenant cela n’adviendrait plus.»
Cette histoire me fait penser à Brahms et Schumann: Brahms aurait composé son fameux Deutsches Requiem en mémoire de son aîné et ami Robert Schumann, mort en 1856. Enfin, soyons honnête, c'est peut-être un peu plus complexe que ça, vu que Brahms était quand même l'amant de la femme de Schumann... Mais bon, c'était juste pour faire la transition vers cet extrait du Deutsches Requiem que j'adore (et oui cela s'appelle l'approche structuraliste):
Je remarque tout à coup avec surprise que, comme dans la théorie du tintinnabulum, les paroles de cet extrait du requiem résonnent avec ce que Pärt dit dans la vidéo tout en haut de cet article, quand il déclare que "a blade of Grass has the status of a flower":
| 2. Denn alles Fleisch, es ist wie Gras, | II Car toute chair est comme l'herbe, |
| und alle Herrlichkeit des Menschen | et toute la gloire de l'homme est |
| wie des Grases Blumen. Das Gras | comme la fleur de l'herbe, L'herbe |
| ist verdorret und die Blume abgefallen. | sèche et la fleur tombe. |
Quelle merveilleuse coïncidence, cela donne envie de conclure un article, comme ça, sur une belle boucle! Et bien non, j'ai quand même envie d'ajouter une Coda:
La musique d'Arvo Pärt a souvent été utilisée au cinéma, et perso j'adore cette scène de Gerry, un film de Gus Van Sant, où la musique de Pärt annonce de façon très juste la perte de repères et la noyade des deux protagonistes dans l'infini du désert américain.

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