MYchapel: la Musique Classique pour les Nuls (de moins de 35 ans)


Avouez-le, secrètement vous comparez la musique classique à la religion catholique. Quand vous allez à un concert (classique) vous avez l’impression de suivre une messe paroissiale: c’est le même public de cheveux blancs ou pas de cheveux du tout, la même odeur d’eau de Cologne, le même silence, le même ennui dû à la même incompréhension devant quelque chose d’à la fois familier et complètement nébuleux, et la même impression que ça ne finira jamais. Quand la messe est dite, que l’artiste a salué, vous vous ruez  vers la sortie, avec un irrésistible besoin de respirer l’air frais (ou teinté d’une pointe de nicotine), et une dalle d’enfer. 

C’est tout à fait compréhensible, parce qu’en réalité vous êtes victimes à la fois de Vatican II (mais ceci est une autre histoire), et du fameux « Mozart Effect ». Popularisée au début des années '90, la théorie de l’Effet Mozart prouvait à grands renforts d'expérimentation botanique (soumettre une plante en pot à l'écoute des symphonies de Mozart et constater qu'elle se développe mieux) que la musique classique améliorait le "raisonnement spatial", ce que vos parents ont vite traduit par "résultats scolaires". 
Info ou intox, vous en étiez les premiers cobayes. 

Et oui! C'est pour ça que vous avez été inscrits au cours de solfège de quatre heures le mercredi après-midi, à l’académie du quartier. En cette période de psychose Julie et Melissa, vos parents vous y conduisaient en voiture et attendaient devant la porte d’entrée en dardant leurs airs soupçonneux sur tout mâle s’approchant dans un rayon de cinq kilomètres aux alentours. Hélas, le drame du cours de solfège était le même que celui du cours de Néerlandais : une méthode bien ringarde et bien rébarbative, grâce à laquelle toute théorie musicale même fascinante se transformait en un amas de concepts incompréhensibles et barbants pour un petit garçon qui préférait mille fois jouer au foot qu’au piano. Et parlant de piano, vos parents ont sans doute très vite renoncé à vous en procurer un (vu les prix) et ont préféré vous inscrire à la flûte à bec, leur activité parascolaire favorite surtout parce qu'elle avait le bon goût de se dérouler loin de leurs oreilles. Erreur fatale : le cours de flûte à bec a pour toujours anéanti ce qui restait de votre intérêt pour la musique classique (que ce soit à cause de l’haleine du professeur/son look baba cool/son enthousiasme à tenir vos petits doigts sur la flûte, un peu suspect en cette période de psychose Julie et Melissa (cfr. supra) ou un peu de tout ça à la fois). 
Et enfin, pour parachever votre dés-éducation musicale, une de vos grand-tantes (la plus moche) vous invita un soir de décembre à un concert d’orgue, programmé pour la période de Noël à la cathédrale Saints Michel-et-Gudule, en espérant sincèrement semer en vous la petite graine de l’amour pour le grand Johann Sebastian Bach. Et alors qu’elle s’endormait benoîtement à la deuxième mesure (après avoir débranché son appareil auditif), vous avez passé quant à vous l’heure la plus longue de votre vie, ou en tout cas la plus froide et la plus sinistre de votre pré-adolescence. 

Alors, à peine éclos le premier bouton de puberté, vous avez allègrement envoyé balader Jésus, la messe, vos vieux, votre flûte à bec et les cours de solfège, préférant c'est bien normal, les sons déchirants de la guitare de Kurt Cobain, les paroles envoûtantes de Céline Dion, ou les sons plus technoprimitifs de Scatman John.  

Heureusement, les temps ont changé et vous avez grandi. Et aujourd’hui c'est de votre plein gré que vous décidez de rejoindre MYchapel, un groupe de jeunes pas trop nuls, comme vous, mais qui n’y connaissent rien, ne savent pas quand applaudir, ni comment s'habiller, parce qu'il n'existe aucune app pour ça. En revanche, ils ont résolu avec enthousiasme qu’il était grand temps de prendre les choses en main, surtout qu’ils n’avaient toujours pas atteint la limite d’âge après laquelle il est définitivement trop tard, car les neurones entament leur dégénérescence, c’est-à-dire les 35 ans. Le groupe MYchapel a été créé pour tous ceux qui savent au fond d’eux que la musique classique c’est cool, c’est beau, ça les touche aussi, même s’ils n’y comprennent (presque) rien, et que si ça fait des centaines d’année que ça dure, c'est que ça doit pas être tout à fait idiot. Et ce qui est bien, c’est que parfois ils se rencontrent, s'apprécient, et se content fleurette, et on espère bien qu'ils auront beaucoup d’enfants à qui ils pourront à leur tour transmettre leur traumatisme mozartien précoce. 

Détails pratiques: www.mychapel.be
Un groupe des jeunes amis de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth: www.cmre.be
Prochaine activité: 29 nov 2013 lors du Festival "The Romantics" à Flagey. Voir ici pour s'inscrire


Commentaires

Anonyme a dit…
It seems part of the problem is clear. What is the solution?

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