La Grosse Cloche Sonne

No man is an island - John Donne

No man is an island, entire of itself
every man is a piece of the continent, a part of the main
if a clod be washed away by the sea,
Europe is the less, as well as if a promontory were,
as well as if a manor of thy friends or of thine own were
any man's death diminishes me, because I am involved in mankind
and therefore never send to know for whom the bell tolls
it tolls for thee.

Le poète John Donne, Révérend anglican de son état, écrivit ces lignes en 1634... Alors question: au 21e siècle, avec 7 milliards d'autres (et non plus 6 milliards, comme le prétend le titre un peu cucul du projet photos d'Arthus-Bertrand) sur cette planète, peut-on encore se trouver diminué par la mort d'un seul? Est-il encore possible de se sentir concerné par l'Humanité?

N'assistons-nous pas plutôt à un renversement de la question? Au lieu de la survie générale du genre humain, c'est celle, urgente, de mon individualité, mon ipséité comme dirait l'autre, qui me préocupe vraiment. Ecrasée sous une forêts d'aisselles dans le métro, pressée par les caddies froids et anguleux dans la file du supermarché, somnolente dans les embouteillages d'heures de pointe, moi je rêve plutôt de la possibilité d'une île, et ce poème résonne alors comme une punition davantage qu'une injonction morale.

Mais bon, autres temps, autres moeurs, comme disait Asterix.

Commentaires

Alain Ornorm a dit…
Et une faute d'orthographe, une ;o) (une forêts
Jamais je n'avais eu la chance d'en déceler une sur ce blog ce qui, en cette époque orthographiquement ténébreuse, est admirable.
Cependant, je profite de l'occasion pour te remercier de m'avoir fait découvrir ce poème et te féliciter pour cette surprenante métaphore qu'est la forêt d'aisselles (je la vois touffue et odorante...)
ahahahha - et bien je la laisse alors, si ça te fait plaisir :)

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