When shall we three meet again?

Tiens, j'ai envie d'un peu de poésie aujourd'hui, parce que Liv dit que je n'écris plus que sur la musique (c'est vrai je devrais presque changer le titre du blog) et que ce poème répond bien à mes sentiments du moment. C'est un poème du 8ème siècle pourtant...incroyable comme des choses si anciennes peuvent encore tellement nous toucher.

Li Po est une star de la littérature chinoise depuis plus de mille ans... Comme l'explique le Marquis d'Hervey-Saint-Denys, un sinologue érudit du 19ème siècle qui le traduisit en français: "Il est si populaire à la Chine qu’on l’y trouve partout inscrit, dans le cabinet du lettré comme dans la maison du laboureur, sur les rayons des bibliothèques ou sur les panneaux des plus pauvres murailles, sur les bronzes, sur les porcelaines et jusque sur les poteries d’un usage journalier. Il n’est point de genre que n’ait abordé le génie fécond du poète que ce nom représente, et, tandis que l’étudiant relit ses vers, le paysan redit ses chansons".

Voici le poème, dans sa traduction anglaise, que je préfère (n'en déplaise au marquis).

Alone And Drinking Under The Moon


Amongst the flowers I
am alone with my pot of wine
drinking by myself; then lifting
my cup I asked the moon
to drink with me, its reflection
and mine in the wine cup, just
the three of us; then I sigh
for the moon cannot drink,
and my shadow goes emptily along
with me never saying a word;
with no other friends here, I can
but use these two for company;
in the time of happiness, I
too must be happy with all
around me; I sit and sing
and it is as if the moon
accompanies me; then if I
dance, it is my shadow that
dances along with me; while
still not drunk, I am glad
to make the moon and my shadow
into friends, but then when
I have drunk too much, we
all part; yet these are
friends I can always count on
these who have no emotion
whatsoever; I hope that one day
we three will meet again,
deep in the Milky Way.

Li Po


On dirait que tout semble me ramener à la musique cependant, pardon Liv, car alors que je google le nom de ce poète, je lis ceci:

Plusieurs poèmes de Lǐ Bái, plus ou moins bien traduits et adaptés en allemand par Hans Bethge furent publiés, avec d'autres poèmes en 1907 sous le titre Die chinesiche Flöte (la flûte chinoise). Ce recueil passa dans les mains de Gustav Mahler alors qu'il traversait une très grave période de crise familiale (mort de sa fille à quatre ans), personnelle (découverte d'un cancer incurable) et professionnelle (démission forcée de son poste de directeur de l'Opéra de la Cour de Vienne). Son présent état d'esprit se retrouva dans ces émouvants poèmes qui chantaient la beauté de la Nature et l'éphémère vie des hommes, et lui apportèrent une certaine consolation. Il mit alors en musique en 1907-1908 dans sa symphonie Das Lied von der Erde six poèmes chinois de l'Anthologie dont quatre de Lǐ Bái: la Chanson à boire de la douleur de la Terre, De la Jeunesse, De la Beauté, l'Homme ivre au Printemps, respectivement premier, troisième, quatrième, cinquième mouvements de l'œuvre où la musique de Mahler épouse à merveille les poèmes de Lǐ Bái.

Alors au hasard, je choisis un de ces poèmes:

Der Einsame im Herbst

Herbstnebel wallen bläulich überm See;
vom Reif bezogen stehen alle Gräser;
man meint, ein Künstler habe Staub von Jade
über die feinen Blüten ausgestreut.

Der süße Duft der Blumen ist verflogen;
ein kalter Wind beugt ihre Stengel nieder.
Bald werden die verwelkten, goldnen Blätter
der Lotosblüten auf dem Wasser ziehn.

Mein Herz ist müde. Meine kleine Lampe
erlosch mit Knistern, es gemahnt mich an den Schlaf.
Ich komm zu dir, traute Ruhestätte!
Ja, gib mir Ruh, ich hab Erquickung not!

Ich weine viel in meinen Einsamkeiten.
Der Herbst in meinem Herzen währt zu lange.
Sonne der Liebe, willst du nie mehr scheinen.
Um meine bittern Tränen mild aufzutrocknen?

hyper beau.

(traduction ici)

Et en musique ça donne ça:



Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter beaucoup d'ivresse pour 2011 !

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