Halloween
Tous les instruments jouent un rôle dans cette pièce. Le xylophone représente les squelettes qui sortent de leur tombe, et s'entrechoquent pendant leurs entrechats... les violons donnent la touche effarante, tandis que la harpe sonne les douze coups de minuit sur lesquels s'ouvre la pièce.
Sans entrer dans les détails, il y a trois thèmes qui sont développés et se combinent en une valse assez entrainante finalement, il faut l'avouer.
Et enfin, quand résonne le cocorico (ici, le hautbois), chacun rentre bien sagement dans sa tombe...jusqu'à la prochaine petite guingette post mortem.
L'idée principale qui se cache derrière ce thème de "danse macabre", est, je pense, l'action parfaitement égalitariste de la faucille fatale. Ainsi, qu'on ait été pape, roi ou paysan, on se retrouve tous à nourrir les vers, trois pieds sous terre. Et dans une société fortement hiérarchisée comme l'était celle du Moyen Age, cela devait être assez réconfortant de savoir qu'une fois passés de vie à trépas, tous se retrouvent à valser sous les étoiles, en attendant le Jugement Dernier (et sa probable condamnation finale). C'est d'ailleurs l'idée qui ressort du poème sur lequel se serait basé Saint-Saëns, d'après Wikipédia:
Zig et zig et zag, la mort en cadence
Frappant une tombe avec son talon,
La mort à minuit joue un air de danse,
Zig et zig et zag, sur son violon.
Le vent d'hiver souffle, et la nuit est sombre,
Des gémissements sortent des tilleuls ;
Les squelettes blancs vont à travers l'ombre
Courant et sautant sous leurs grands linceuls,
Zig et zig et zag, chacun se trémousse,
On entend claquer les os des danseurs,
Un couple lascif s'assoit sur la mousse
Comme pour goûter d'anciennes douceurs.
Zig et zig et zag, la mort continue
De racler sans fin son aigre instrument.
Un voile est tombé ! La danseuse est nue !
Son danseur la serre amoureusement.
La dame est, dit-on, marquise ou baronne.
Et le vert galant un pauvre charron – Horreur !
Et voilà qu'elle s'abandonne
Comme si le rustre était un baron !
Zig et zig et zig, quelle sarabande!
Quels cercles de morts se donnant la main !
Zig et zig et zag, on voit dans la bande
Le roi gambader auprès du vilain!
Mais psit ! tout à coup on quitte la ronde,
On se pousse, on fuit, le coq a chanté
Oh ! La belle nuit pour le pauvre monde !
Et vive la mort et l'égalité !

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